
Ceci est un fait vécu, raconté pour remercier ceux qui ont joué au jeu "ou suis-je ?". Les lauréats sont : Mayuko, Flo et pour le premier prix : Marco ! Tous les trois invités au togo avec moi-même comme guide.
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Lorsque j'étais enfant, ici en CM1, ma mère m'amenait à l'école et venait aussi me chercher. En arrivant à la maison, elle ne klaxonnait pas ; pour ouvrir le portail, je descendais du véhicule -une Mitsubishi : Lancer, immatriculée RT-2010-D de couleur bleue .
Mais un soir, je n'ai pas souhaité descendre. Elle a dû klaxonner comme cela arrivait des fois lorsqu'elle voulait bien me laisser jouer au petit ministre à l'arrière de la voiture. De l'autre côté de la vitre, je voyais l'Afrique, comme on la voit d'ici à travers un écran de télévision. Pour moi à l'époque, simple jeu d'enfant, j'ignorais qu'en France, aux 20 heures, on pouvait ( ce qui n'a d'ailleurs toujours pas changé) prendre au sérieux cette vision aussi simpliste que j'avais des choses. Moi, je m'amusais à jouer 5 mn au Petit Prince, c'était tout. J'y croyais pas vraiment. Mais cette fois-là, ce n'était pas pour m'amuser que je ne voulais pas descendre, chose qu'elle avait bien sentie. En effet, au moment où je montais à bord du véhicule devant mon école, j'avais dû l'alerter par une attitude louche qui l'a fait tilter. Mais elle n'avait rien dit. Pourquoi faisais-je au juste tous ces mystères ? Parce que j'étais rentré de l'école ce jour-là sans mes chaussures, voilà le problème! Pire : a/ j'étais allé à l'école en Tong ( or ces sandalettes sont pour la maison, mais pas pour sortir... (-pourquoi?) b/ ces Tong ne m'appartenaient pas, mais à Sista, une cousine qui habitait avec nous ( attention : je ne dis pas "chez nous" mais "avec nous", car elle était "chez elle aussi en étant avec nous") ; c/ et voilà que je les perds parce que pendant la récré, c'était pas pratique de courir en Tong dans le sable, donc bla, bla, bla... ( et voilà, j'avais enfin compris pourquoi les Tong, c'était pas pour les sorties, mais... trop tard!)
Ce fut la fessée de ma vie : dans mon esprit d'enfant, j'avais dû recevoir trente coups de bâton allongés sur le lit de mon père. Mais je pense aujourd'hui qu'il y en avait sans doute pas eu autant. Au fait savez-vous pourquoi j'ai été fessé ? Pas pour avoir perdu ce qui ne valait pas grand chose, ni pour avoir violé l'interdiction d'aller à l'école en Tong. Non, rien de tout cela. Alors pourquoi ? Mon père voulait enrayer chez moi un défaut que je ne nommerai pas. Sachez juste que c'est la seule fois que j'ai été fessé de ma vie et que cela a servi pour les autres fois. Mon père a préféré avoir la main lourde une bonne fois pour toute. Au lieu de passer sa vie à me répéter mollement la même chose. Mais que m'a t-il donc appris ce jour-là ? En était-il conscient lui-même? Je ne crois pas! Et bien, je vous laisse deviner... Toujours est-il que je lui en saurai gré à vie, car c'est grâce à cette chose là que mon identité personnelle s'est forgée. Je le réalise seulement depuis peu. Oui c'est ma force, car c'est une force, qu'il m'avait inoculée par cette fessée. Mais une force de quelle nature? Par cette chose reçue ce jour là, je ne ressemble à aucun membre de ma famille. A peu de gens. Mais qu'est-ce que c'était ? Cela ne se révèle pas de but en blanc. Seulement pour les intimes. Et encore..., mais pour les autres, juste un indice : je dirai que c'est par exemple cette chose qui me donne la capacité de m'arrêter pour fouiner ici comme je le fais dans la vie de mon père, réussissant presque à le faire revivre à travers des photos et des commentaires, une année après sa mort, alors qu'habituellement un homme de mon âge consacre ses énergies à un business plus lucratif et pas à ce qui ne rapporte absolument rien.
((((((((((((((((((((( Cette image est l'extrait d'une photo de classe qui n'est pas publiée dans ce blog. Dans le cadrage, ma voisine de banc à l'époque et moi. Elle est aujourd'hui pharmacienne à Lomé. J'avais perdu le contact depuis plus de 25 ans. Lors de mon passage, je suis allé la voir pour acheter des médicaments contre le paludisme et elle ne m'a pas reconnu. Je suis reparti avec mes médicaments sous les bras sans lui avoir dit qui j'étais. C'était mon premier amour dans la vie, mais cela est toujours resté un secret personnel bien gardé jusqu'à ce blog. Non pas le grand amour ; j'étais alors trop petit pour cela. Maintenant, il n'y a plus rien à cacher ...))))))))))))))))))))
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